Parfum Exotique de Charles Baudelaire
Premier poème de la section consacrée à Jeanne Duval dans la section Spleen et idéal, de Baudelaire.
Elle est la maîtresse de Baudelaire (Noire - rencontrée en 1842). Toutefois, la femme s'efface rapidement en raison de la puissance de son parfum qui engendre une vision imaginaire et idéalisée (cf. titre).
Mouvement en crescendo de la femme à l'île puis au port.
Jeu de correspondance entre les sensations (synesthésie).
XXII - Parfum exotique
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone;
Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.
Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire




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